A Sonia

Tu m’appelais « mon ange », et pourtant…

Chaque instant passé avec toi a prouvé que de nous deux tu étais l’ange.

T’ai-je dit à quel point je t’aime ?  Sans doute pas assez.

Permet-moi de te le redire aujourd’hui.  Laisse-moi mes souvenirs de toi, mes souvenirs de nous.

Ne me demande pas de te laisser t’en aller, pas encore, jamais.  Ne me demande pas l’impossible.

Je t’aime  

Vous êtes chez vous

Mes amies, nos amies, nhésitez pas à vous exprimer ici, comme on discuterait de la beauté dune fleur dans un jardin.
Sonia est cette fleur. Son parfum flottera toujours, trait d'union entre nous.

Lundi 8 décembre 2008

Cest vrai que je ne suis pas très présente en ce moment, la faute à ce traitement qui, après un bref répit de quelques jours (le médecin ma dit de ne pas lutter contre, au risque de me retrouver avec des somnifères plus puissant), massomme. Jespère que vous ne men voulez pas. Je me repose, ça ira. Gros bisous à toutes.

Par Jo
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Mardi 2 décembre 2008

Papa et maman ont pris soin de Roxy pendant mon absence. Rien de plus normal me direz-vous. A son retour la miss boule de poils a fait le tour du propriétaire, sans doute dans le secret espoir de dénicher quelques sucreries cachées ici ou là. Quand tout à coup Le vacarme me poussa du canapé à la cuisine.

Mademoiselle  avait profité dune chaise pour monter sur la table, qui la mettait à portée de patte dun placard. Porte du placard ouverte ( ?), et Roxy, griffant le mur pour se grandir, le museau plongé dans le paquet de gâteaux. Evidemment, tout ce qui entourait ce foutu paquet de gâteaux était renversé.

Et moi, ni la force et encore lenvie de lengueuler, jai ramassé sans rien proférer quun soupir. Du coup je ne sais plus si je dois la dénoncer à la police ou linscrire à lécole du cirque.

- Dis Roxy ! Ce sont tes grands-parents qui tont appris ça ? Métonnerait beaucoup moi. Je ne laisserai plus la chaise devant la table, ni le paquet de gâteaux dans le placard Peut-être que je devrais changer ce foutu placard de place dailleurs.

Vous imaginez Roxy équilibriste ? Moi non, pourtant je lai vue.

Par Jo
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Vendredi 28 novembre 2008

D'abord merci pour votre gentillesse. Voici les évènements de ces derniers jours.

Chambre individuelle avec télévision, repas à la carte, personnel adorable de gentillesse et de disponibilité, cependant la comparaison avec un hôtel de luxe sarrête là. Cette maison de repos, cétait pour faire plaisir à maman, enfin la rassurer de ne pas me savoir seule à la maison.

Arrivée le dimanche 16 novembre en provenance directe (comme un colis) de lhôpital, la restriction du personnel et le fait que je sois dans les vaps me font occulter même la raison de ma présence en ce lieu.

Lundi le médecin minvite (mot exact de linfirmière) dans son bureau. Il est face à moi, si transparent que je ne saurais dire la couleur de ses cheveux. Son regard seul possède une force mystérieuse, comme si sa condition de psy se concentre là, dans ses yeux perçants. Il essaie de pénétrer en moi, de lire mes pensées, et ça me déplait. Pas question de livrer mon âme à ce zigoto. Ma résistance ne sied pas au maître des lieux, qui sempresse de trouver une parade.

- Vous devez vous confier à moi pour que nous comprenions les raisons de votre dépression.

Et puis quoi encore ! On nest pas potes que je sache. La raison je la connais, pas besoin de toi pour y voir clair. Car mon présent est merdique, glauque, inutile, mais il nest pas dans le flou. Pas besoin de long discours, je le mets au courant en quelques mots : je ne supporte pas labsence de Sonia.

Je sais déjà que je ne tiendrai pas le coup ici, avec les repas en commun, les regards, les sornettes de ce type. Jai fait une connerie, point. Tentative avortée déteindre ce feu de douleur qui brûle dans mon ventre depuis des semaines, qui me fout la tête en vrac. Inutile de chercher midi à quatorze heures.

Après plusieurs jours dans ma chambre, rendez-vous avec le toubib au cours desquels je ne décroche pas un mot, jobtiens la possibilité de récupérer mes vêtements pour aller me promener dans le parc. Première sortie, direction la grille, personne en vue, je me tiens droite, je file.

Une fois à la maison jappelle maman (histoire de la rassurer). Elle sempresse darriver avec le médecin de famille. Lui je le connais (un peu). Il ne parle pas des causes, plus du résultat : troubles du sommeil.

Voila où jen suis, abasourdie par un traitement inoffensif qui me plonge dans un état léthargique de nombreuses heures, pour reposer mon esprit et mon organisme. Je peine à rester concentrée sur la lecture, il me faut deux jours pour écrire une page. Mais au moins je suis chez moi.

Par Jo
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Mardi 25 novembre 2008

Je suis là, et j’y resterai. Mais les toubibs ont réussi à me rattraper après mon « évasion » de la maison de repos, alors je suis en résidence surveillée et les calmants m’assomment (c’est le ridicule absolu de soigner un abus de médicaments par d’autres médicaments).

Pas la tête à faire de grandes phrases sauf vous dire que je pense à vous. Je me remettrai à la lecture de vos blogs dès que je pourrai garder les yeux ouverts.

Gros bisous à toutes en attendant.

Par Jo
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Dimanche 23 novembre 2008

J'ai eu un moment de faiblesse, et je vous jure que je ne suis pas aimée dans ce moment. J'aurai engueulé n'importe laquelle d'entre vous si les rôles avaient été inversés, et ma Sonia aussi aurait donné de la voix. Mais la solitude est telle que, parfois, on n'entend pas les voix autour de soi. Car la solitude n’est jamais aussi pesante qu’au milieu des autres. Je dois réapprendre à écouter, à vous écouter mes amies, je dois réapprendre à vivre.

Par Jo
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