Vendredi 28 novembre 2008
D'abord merci pour votre gentillesse. Voici les évènements de ces derniers jours.
Chambre individuelle avec télévision, repas à la carte, personnel adorable de gentillesse et de
disponibilité, cependant la comparaison avec un hôtel de luxe s’arrête là. Cette maison de repos, c’était pour faire plaisir à maman, enfin la
rassurer de ne pas me savoir seule à la maison.
Arrivée le dimanche 16 novembre en provenance directe (comme un colis) de l’hôpital, la restriction du personnel et le
fait que je sois dans les vaps me font occulter même la raison de ma présence en ce lieu.
Lundi le médecin m’invite (mot exact de l’infirmière) dans son bureau. Il est face à
moi, si transparent que je ne saurais dire la couleur de ses cheveux. Son regard seul possède une force mystérieuse, comme si sa condition de psy se concentre là, dans ses yeux perçants. Il
essaie de pénétrer en moi, de lire mes pensées, et ça me déplait. Pas question de livrer mon âme à ce zigoto. Ma résistance ne sied pas au maître des lieux, qui s’empresse de trouver une parade.
- Vous devez vous confier à moi pour que nous comprenions les raisons de votre dépression.
Et puis quoi encore ! On n’est pas potes que je sache. La raison je la
connais, pas besoin de toi pour y voir clair. Car mon présent est merdique, glauque, inutile, mais il n’est pas dans le flou. Pas besoin de long
discours, je le mets au courant en quelques mots : je ne supporte pas l’absence de Sonia.
Je sais déjà que je ne tiendrai pas le coup ici, avec les repas en commun, les regards, les sornettes de ce
type. J’ai fait une
connerie, point. Tentative avortée d’éteindre ce feu de douleur qui brûle dans mon ventre depuis des semaines, qui me fout la tête en vrac. Inutile de
chercher midi à quatorze heures.
Après plusieurs jours dans ma chambre, rendez-vous avec le toubib au cours desquels je ne décroche pas un
mot, j’obtiens la
possibilité de récupérer mes vêtements pour aller me promener dans le parc. Première sortie, direction la grille, personne en vue, je me tiens droite, je file.
Une fois à la maison j’appelle maman (histoire de la rassurer). Elle
s’empresse
d’arriver avec le médecin de
famille. Lui je le connais (un peu). Il ne parle pas des causes, plus du résultat : troubles du sommeil.
Voila où j’en suis, abasourdie par un traitement inoffensif qui me plonge dans un état léthargique de nombreuses heures, pour
reposer mon esprit et mon organisme. Je peine à rester concentrée sur la lecture, il me faut deux jours pour écrire une page. Mais au moins je suis chez moi.