A Sonia

Tu m’appelais « mon ange », et pourtant…

Chaque instant passé avec toi a prouvé que de nous deux tu étais l’ange.

T’ai-je dit à quel point je t’aime ?  Sans doute pas assez.

Permet-moi de te le redire aujourd’hui.  Laisse-moi mes souvenirs de toi, mes souvenirs de nous.

Ne me demande pas de te laisser t’en aller, pas encore, jamais.  Ne me demande pas l’impossible.

Je t’aime  

Vous êtes chez vous

Mes amies, nos amies, nhésitez pas à vous exprimer ici, comme on discuterait de la beauté dune fleur dans un jardin.
Sonia est cette fleur. Son parfum flottera toujours, trait d'union entre nous.

Jeudi 9 octobre 2008

Cétait toujours un régal pour moi de regarder parler ma tite Sonia. Je dis bien : regarder, car je savourais le spectacle qui soffrait alors à lobservatrice avertie que jétais devenue.

Combien de moments à observer sa jolie petite bouche laisser couler un timbre chaud tel une source vive ?

Combien de fois me suis-je concentrée sur la pointe de sa langue toujours en mouvement dès que mon chaton proférait un son ?

Et combien de fois on ma dit : « Jo ! Tu rêves ? »

Non, je ne rêvais pas, ou plutôt si.

Je fantasmais sur ses lèvres légèrement asymétriques, celle supérieure un peu plus ourlée, les commissures tombantes entre des fossettes très légères.

Une bouche faite pour les baisers. Une bouche qui me manque cruellement aujourd'hui.

Par Jo
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Jeudi 9 octobre 2008
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Par Jo
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Mercredi 8 octobre 2008

Enfin une nuit de sommeil ! Une nuit pour penser à toi dans le calme. La colère dhier est retombée. Il y aura dautres crises à gérer sans aucun doute, moins si je prends soin de moi.

Notre Roxy a fait une rencontre ce matin, dans le petit parc. Moi jai éludé les bobards du type, car tu te doutes que lanimal ne se promenait pas tout seul.

Jai pris mon courage à deux mains quand mon éditeur ma téléphoné tout à lheure, et je lui ai demandé sil connaissait une possibilité pour faire du télétravail. Non, je nai toujours pas envie de me mêler à la foule. Il ma dit quil allait y réfléchir, et que lui pourrait peut-être membaucher pour la saisie de manuscrits. Cest un travail ingrat, qui consiste à taper sur le clavier toute la journée, mais ça présente lavantage de le faire de la maison. Pourquoi pas ?

Sinon, mes parents sont calmés, et arrêtent de mabreuver de leurs conseils. Peut-être ont-ils compris que jai besoin de calme. Les tiens sont venus déjeuner, et mont ramené les courses par la même occasion. Une corvée de sortie en moins. On a fini tous les trois devant lordi, à faire défiler des photos, comme dhabitude.

Quand je pense quils (surtout ta mère) ne voulaient plus me voir quand ils ont appris notre histoire maintenant ils passeraient leur temps chez nous.

Et je ne suis pas seule. Roxy est là bien sûr, il y a aussi toutes nos amies. Des nouveaux noms apparaissent sur cet espace, on mentoure daffection. Je me dis quon na pas assez montré à certaines quon tenait à elles quand tout allait bien. On aurait sans doute dû se faire plus attentionnées. Aujourdhui elles sont avec moi pour me soutenir.

Cest bien davoir réussi à dormir, je te parle plus calmement aujourdhui. Même si la douleur est la même quhier. Et puis jy vois un peu plus clair. Je réfléchis à un nouveau livre, jai déjà le titre : celui de ce blog. On pourra maccuser de remuer le couteau dans la plaie, je men fous. Cest toi et moi, ensemble comme on se létait juré.

Mon amour pour toi ne faiblit pas, jai même limpression quil se renforce par certains côtés. Tu me manques toujours autant.

Par Jo
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Mardi 7 octobre 2008

Merde ! marre des textes policés, de la syntaxe, de la grammaire et de la bienséance. Je veux gueuler que j’ai mal, que c’est injuste de me l’avoir enlevée. On était bien ensemble, on était jeunes et on avait des projets, des tas, des projets réalisables et des rêves. Comme tout le monde. Aujourd’hui on n’est plus comme tout le monde. Toi tu n’es plus là et moi j’en chie comme c’est pas permis.

Je vais encore sortir Roxy, grignoter un truc sans appétit, me composer une voix douce pour le coup de fil des parents, puis aller du canapé à l’ordi. Moi je ne voulais pas de ce cirque qui n’est même pas de la survie.

J’ai l’impression qu’on m’arrache les yeux à la moindre larme tellement j’ai pleuré, j’ai la gorge irritée à force de geindre, un étau dans la poitrine qui serre un putain de cœur en train de dessécher.

Je peux hurler, ça ne dérangera personne. Cette foutue colère doit sortir avant qu’elle m’étouffe. Il faut que je dorme, que je dorme enfin une nuit.

Par Jo
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Mardi 7 octobre 2008

Même si je nen ai pas parlé, jaime à penser que tu nes pas seule, et ce bébé que nous avions fait te tient compagnie. Cet être nouveau devait symboliser pour nous laccomplissement, le symbole vivant de notre histoire. Tu y tenais tant ! Et je me surprenais à caresser ton ventre, à guetter le signal, sans même savoir si linsémination était une réussite. Mais je ne nose pas penser à léchec dun tel acte damour, dun tel don de soi.

Oui, tu portais notre bébé. Maintenant vous êtes ensemble, loin de moi prisonnière de ma peine. Quon ne me dise pas que tu es partie pour un monde meilleur. Car quel monde pouvait être plus beau que celui quon partageait, main dans la main, épaule contre épaule.

Les faux fuyants qui consistent à croire que cest mieux ailleurs, je ne veux pas les entendre, je ne peux pas les supporter. Qui oserait affirmer que tu es mieux ailleurs que dans mes bras ?

Ma douce Sonia, mon tendre amour, prends soin de notre enfant. Raconte-lui lhistoire de ses mamans, dis-lui que sans le connaître on laimait déjà.

Jai écrit dans mon livre «  Si Dieu avait une âme » Je sais aujourdhui quil nen a pas.

Par Jo
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